L'héritage prophétique · Famille, épouses, communauté, et le legs éternel · Coran et Sunna
Le Prophète ﷺ ne laissa ni or, ni argent, ni terres en héritage matériel. Il dit : « Les prophètes ne laissent pas en héritage des dinars ni des dirhams ; ils ne laissent en héritage que la science. » Mais il laissa une famille bénie, une communauté forgée à la perfection humaine, et avant tout un legs spirituel inégalable : le Livre d'Allah et sa Sunna. Il avait 11 oncles paternels et 6 tantes paternelles, 7 enfants (3 garçons, 4 filles), et épousa 13 femmes — 9 étant encore vivantes à sa mort, les Mères des croyants. Tous ses enfants moururent de son vivant à l'exception de Fāṭima, qui le rejoignit six mois après. À sa mort, plus de 100 000 musulmans avaient pèlerine avec lui, et la péninsule entière connaissait le tawḥīd. Pour un étudiant de la sira, comprendre sa famille et sa communauté, c'est saisir la chaleur humaine et la puissance pédagogique de son modèle.
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Allah dit : « Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait sortir pour les gens : vous ordonnez le convenable, vous interdisez le blâmable, et vous croyez en Allah. »
Source : Coran, sourate Āl ʿImrān (3), verset 110
Le Prophète ﷺ descend de la noble lignée des Banū Hāshim, branche prestigieuse de Quraysh, elle-même issue de Kināna, des enfants d'Ismāʿīl fils d'Ibrāhīm al-Khalīl. Son père ʿAbdullāh mourut avant sa naissance, sa mère Āmina à 6 ans. Son grand-père ʿAbd al-Muṭṭalib eut 11 fils — les oncles paternels du Prophète ﷺ : Ḥamza, al-ʿAbbās, Abū Ṭālib (de son vrai nom ʿAbd Manāf), Abū Lahab (ʿAbd al-ʿUzzā), az-Zubayr, ʿAbd al-Kaʿba, al-Muqawwim, Ḍirār, Quthm, al-Mughīra (al-Hajl), et al-Ghaydāq (Muṣʿab) — et 6 filles : Ṣafiyya (mère d'az-Zubayr ibn al-ʿAwwām), ʿĀtika, Barra, Arwā, Umm Ḥakīm al-Bayḍāʾ, et Umayma (mère de Zaynab bint Jaḥsh). De ces onze oncles, seuls Ḥamza et al-ʿAbbās embrassèrent l'islam ; Abū Ṭālib le protégea sans accepter la religion ; Abū Lahab fut un ennemi acharné contre lequel fut révélée la sourate al-Masad (111). Le Prophète ﷺ eut 7 enfants : 3 garçons (al-Qāsim, ʿAbdullāh — surnommé aṭ-Ṭayyib et aṭ-Ṭāhir —, et Ibrāhīm de Māriya la Copte) et 4 filles (Zaynab, Ruqayya, Umm Kulthūm, Fāṭima). Tous, sauf Ibrāhīm, naquirent de Khadīja. Tous moururent de son vivant à l'exception de Fāṭima qui le rejoignit 6 mois après. C'est par al-Ḥasan et al-Ḥusayn, fils de Fāṭima et ʿAlī, que se perpétua la descendance prophétique. Il épousa au total 13 femmes ; deux moururent de son vivant (Khadīja et Zaynab bint Khuzayma) ; deux furent contractées sans consommation. À sa mort, 9 étaient vivantes : les Mères des croyants par décret coranique (al-Aḥzāb, 6).
ʿAbd al-Muṭṭalib, son grand-père, eut 11 fils : (1) Ḥamza — maître des martyrs, tombé à Uḥud ; (2) al-ʿAbbās — converti peu avant la conquête de Makka, père d'Ibn ʿAbbās ; (3) Abū Ṭālib (ʿAbd Manāf) — qui éleva et protégea le Prophète ﷺ toute sa vie sans accepter la religion ; (4) Abū Lahab (ʿAbd al-ʿUzzā) — l'ennemi acharné contre qui fut révélée la sourate al-Masad ; (5) az-Zubayr ; (6) ʿAbd al-Kaʿba ; (7) al-Muqawwim ; (8) Ḍirār ; (9) Quthm ; (10) al-Mughīra (surnommé al-Hajl) ; (11) al-Ghaydāq (Muṣʿab). De ces onze, seuls Ḥamza et al-ʿAbbās embrassèrent l'islam. Ses six tantes paternelles : (1) Ṣafiyya — mère d'az-Zubayr ibn al-ʿAwwām, convertie ; (2) ʿĀtika ; (3) Barra ; (4) Arwā ; (5) Umm Ḥakīm al-Bayḍāʾ ; (6) Umayma — mère de Zaynab bint Jaḥsh. Sa famille fut donc partagée entre soutiens spirituels (Ḥamza, al-ʿAbbās, Ṣafiyya) et obstacles (Abū Lahab) — preuve que la guidée n'est pas affaire de sang mais de cœur.
Trois garçons et quatre filles. Les garçons : (1) al-Qāsim — d'où sa kunya Abū al-Qāsim, mort en bas âge à Makka ; (2) ʿAbdullāh, surnommé aṭ-Ṭayyib (le bon) et aṭ-Ṭāhir (le pur), mort en bas âge ; (3) Ibrāhīm, fils de Māriya la Copte (offerte par le Muqawqis), né à Madīna et mort à 18 mois le 28 Shawwāl an 10 H — le Prophète ﷺ pleura à sa mort en disant : « Les yeux pleurent, le cœur s'attriste, mais nous ne disons que ce qui agrée notre Seigneur. » Les filles, toutes de Khadīja : (4) Zaynab (épouse d'Abū al-ʿĀṣ ibn ar-Rabīʿ) ; (5) Ruqayya et (6) Umm Kulthūm — épousées successivement par ʿUthmān ibn ʿAffān (d'où sa kunya Dhū an-Nūrayn, « celui aux deux lumières ») ; (7) Fāṭima az-Zahrāʾ — épouse de ʿAlī ibn Abī Ṭālib, mère d'al-Ḥasan, al-Ḥusayn, Zaynab et Umm Kulthūm. Tous, sauf Fāṭima, moururent du vivant du Prophète ﷺ. Fāṭima le rejoignit six mois après lui, comme il le lui avait chuchoté à l'oreille pendant sa dernière maladie. C'est par elle et ʿAlī, parents d'al-Ḥasan et al-Ḥusayn, que se perpétue la descendance prophétique jusqu'à ce jour. Toutes les filles embrassèrent l'islam et émigrèrent.
Khadīja bint Khuwaylid fut sa première épouse et son unique pendant 25 ans, jusqu'à sa mort 3 ans avant l'hégire. Elle avait 40 ans à leur mariage, lui 25. Elle fut le premier soutien à la révélation : « Allah ne t'humiliera jamais. Tu maintiens les liens de parenté, tu portes le poids des autres, tu donnes à l'indigent, tu honores l'hôte, tu secours qui est dans le besoin. » Elle est mère de tous ses enfants, sauf Ibrāhīm. Allah lui transmit la salutation par l'intermédiaire de Jibrīl, et lui annonça « une maison de roseaux au Paradis, sans bruit ni fatigue ». Pour le Prophète ﷺ, son amour pour elle ne s'effaça jamais ; ʿĀʾisha disait : « Je n'ai jamais été jalouse d'aucune épouse comme je l'ai été de Khadīja, alors qu'elle était morte avant que je ne fusse mariée. »
Après Khadīja, le Prophète ﷺ épousa, dans l'ordre :
À sa mort, neuf étaient vivantes — les Mères des croyants par décret du Coran : ﴿وَأَزْوَاجُهُ أُمَّهَاتُهُمْ﴾ (al-Aḥzāb, 6). Khadīja et Zaynab bint Khuzayma étaient mortes de son vivant ; deux autres contrats (une femme des Banū Kilāb et une de Kinda) ne furent pas consommés. Outre les épouses, il eut deux concubines : Māriya la Copte (mère d'Ibrāhīm) et Rayḥāna bint Zayd (issue des Banū Qurayẓa). Ces alliances avaient des finalités pédagogiques, sociales et politiques : briser les inimitiés tribales (Banū al-Muṣṭaliq par Juwayriya, Khaybar par Ṣafiyya, Abū Sufyān par Umm Ḥabība), former des éducatrices pour la communauté féminine (ʿĀʾisha, Umm Salama), abolir des coutumes (l'adoption par Zaynab bint Jaḥsh).
Umm Maʿbad le décrivit après son passage chez elle pendant l'hégire : « D'apparence rayonnante, le visage clair, le caractère beau, sans gros ventre ni petit crâne ; beau et bien fait, les yeux d'un noir intense, les cils longs, la voix légèrement voilée, le cou éclatant de blancheur, les sourcils arqués, les cheveux d'un noir profond. Quand il se taisait, la dignité l'enveloppait ; quand il parlait, la majesté éclatait. Il était le plus beau de loin et le plus charmant de près ; sa parole douce et nette ; ni avare de mots ni prodigue ; les paroles s'enchaînaient comme un collier de perles. De taille moyenne, le regard ne le négligeait ni ne se lassait de lui. Quand il parlait, on l'écoutait ; quand il commandait, on s'empressait. Servi et suivi, sans froncer des sourcils, sans rebuter quiconque. » ʿAlī disait : « Il avait le visage rond légèrement, le teint clair lumineux, les yeux noirs, les cils longs, le sceau de la prophétie entre les épaules, le plus généreux de cœur et de main, le plus véridique de langue. » Anas dit : « Il était d'une lumière éclatante, ni d'un blanc cru ni brun ; pas plus de vingt cheveux blancs sur la tête. » Et lorsqu'il souriait, son visage s'illuminait « comme un morceau de lune ». Abū Bakr disait : « Fidèle, élu pour le bien, ses appels comme la lumière de la pleine lune dissipant les ténèbres. »
Le plus grand de ses miracles humains fut sans doute la transformation des Arabes — d'une société tribale, idolâtre, ivre, sanguinaire — en la génération des Compagnons : les plus véridiques, les plus pieux, les plus savants, les plus généreux que l'humanité ait connus. À la conquête de Makka en l'an 8 H il rassemblait 10 000 hommes ; à Tabūk un an plus tard, 30 000 ; au pèlerinage de l'adieu, environ 124 000. À sa mort, l'islam dominait toute la péninsule arabe, et la base était posée pour la diffusion universelle qui suivit sous Abū Bakr et ʿUmar. Cette communauté repose sur trois piliers : (1) le tawḥīd pur ; (2) le Coran et la Sunna comme guide ; (3) la ʿumma comme « meilleure communauté qu'on ait fait sortir pour les gens » (Āl ʿImrān, 110), qui ordonne le bien, interdit le mal, et croit en Allah.
« Vous avez certes, dans le Messager d'Allah, un excellent modèle, pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment » (al-Aḥzāb, 21). Le Prophète ﷺ n'est pas un personnage du passé : il est un modèle vivant à imiter dans tous les aspects de la vie — adoration, famille, commerce, gouvernance, miséricorde, courage, humilité. Au sermon de l'adieu il proclama : « Je vous ai laissé ce qui, si vous vous y attachez, vous gardera de l'égarement : le Livre d'Allah. » Et selon une autre recension : « le Livre d'Allah et la Sunna de Son Messager. » Le Coran a été préservé par Allah Lui-même : ﴿إِنَّا نَحْنُ نَزَّلْنَا الذِّكْرَ وَإِنَّا لَهُ لَحَافِظُونَ﴾ « C'est Nous qui avons fait descendre le Rappel, et c'est Nous qui en sommes les gardiens » (al-Ḥijr, 9). La Sunna a été préservée par les générations de muḥaddithūn (Bukhārī, Muslim, Aḥmad, et tant d'autres) — transmission ininterrompue qui est elle-même une preuve du caractère préservé de la prophétie.
Quand il rendit l'âme, on chercha ce qu'il avait laissé : pas un dirham, pas un dīnār, pas un esclave, pas un mouton ni un chameau — sauf une mule blanche, ses armes, et une terre qu'il avait constituée en aumône. Sa cotte de mailles était même engagée auprès d'un juif contre 30 ṣāʿ d'orge pour nourrir sa famille. Mais il laissa : (1) le Coran complet, mémorisé par des milliers de Compagnons et fixé par écrit ; (2) la Sunna, dans les détails, codifiée et transmise génération après génération ; (3) une génération de Compagnons formée à la perfection humaine — la meilleure que l'humanité ait connue ; (4) un État islamique fondé sur le tawḥīd, embrassant toute la péninsule ; (5) une ʿumma de plus de 100 000 ḥajj et de millions à venir, jusqu'à la fin des temps. Ḥassān ibn Thābit, le poète du Messager ﷺ, dit : « Ô Seigneur, rassemble-nous avec notre Prophète au Paradis, là où les yeux des jaloux seront scellés. »